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La fiscalité frappe de plein fouet les aînés à faible revenu.

Si les employeurs sont de plus en plus nombreux à mettre en place des mesures pour attirer la main-d’œuvre d’expérience, les retraités à faible revenu, eux, décident bien souvent de ne pas revenir sur le marché de l’emploi pour des raisons purement fiscales.

Les retraités qui perçoivent le Supplément de revenu garanti (SRG) peuvent en effet voir jusqu’à 80 % de leur salaire amputé, car ils doivent commencer à rembourser ces prestations s’ils gagnent un salaire de plus de 3500 $ par année, a expliqué à Radio-Canada le fiscaliste Dany Provost. Au-delà de ce seuil, la moitié de chaque dollar de salaire obtenu sert à rembourser les versements du SRG, et ce, jusqu’à remboursement complet.

« Ça monte les taux de ce qu’on appelle l’impôt implicite à des ordres de grandeur de 80 % et plus; alors pour ces gens-là, ça ne vaut pas la peine de travailler », résume Dany Provost.

Considérant que le tiers des Canadiens de plus de 65 ans reçoivent le SRG, ce sont donc 1 900 000 personnes qui sont touchées par une telle règle fiscale et qui, conséquemment, font le choix de ne pas réintégrer le marché du travail.

Des pistes de solutions

La Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) dénonce depuis longtemps cette situation. Tout en réclamant davantage d’équité fiscale pour les retraités à faible revenu, elle dénonce le fait que bon nombre d’entreprises excluent les employés de plus de 65 ans de la couverture de leur régime d’assurance collective.

Dany Provost, de son côté, propose d’éliminer la règle qui stipule que les retraités qui commencent à percevoir leurs prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ) ont seulement six mois pour changer d’avis et faire cesser les paiements.

« S’il y avait une possibilité de suspendre la rente et de la recommencer plus tard avec une bonification, peut-être que ça inciterait les aînés à retourner sur le marché du travail », suggère-t-il.

Le fiscaliste propose aussi de rendre les grands-parents éligibles au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), ce qui leur permettrait de prendre congé pour passer du temps avec leurs petits-enfants tout en occupant un emploi.

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