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Lorsqu’on arrive à la retraite, on passe souvent à une nouvelle étape de sa vie financière : après avoir accumulé de l’épargne toute sa vie, on doit maintenant obtenir un revenu à partir de cette épargne. Or, la rente viagère – c’est-à-dire payable à vie – est l’un des véhicules financiers les plus efficaces pour combler ses besoins.

Pourtant, il semble que plusieurs mythes entourent ce produit et en font une option malheureusement souvent négligée, autant de part des clients que des conseillers financiers pouvant offrir ce produit.

Mythe 1 : c’est démodé

Wow! Allez dire ça au gagnant d’une loterie payable à vie ou encore à un employé bénéficiant d’un régime de retraite à prestations déterminées! Je pense que vous mériteriez bien son rire moqueur… Dans les faits, ces revenus sont des rentes viagères.

Une rente viagère est un contrat entre un individu et une société d’assurance de personnes qui garantit un revenu régulier à vie, peu importe l’âge de décès. Ce revenu, qui peut être indexé, ne fluctue pas en fonction des marchés et ne s’épuise pas même si l’individu vit jusqu’à un âge avancé. En fait, les prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Régime de rentes du Québec sont aussi des rentes à vie. Cependant, comme celles-ci sont généralement insuffisantes pour couvrir tous les besoins de base, on peut se procurer une rente avec ses propres économies pour combler la différence.

Les conseillers en sécurité financière recommandent trop peu souvent d’inscrire la rente dans une stratégie globale qui inclura d’autres investissements pour améliorer le niveau de vie de la personne ou parer aux imprévus.

Mythe 2 : le rentier perd l’accès à son argent

Le rôle d’une rente est d’assurer à la personne que la portion de son capital destinée à assurer sa subsistance ne s’épuisera pas, quoi qu’il arrive. C’est pourquoi, souvent, l’achat d’une rente est effectivement une décision irréversible. En contrepartie, le revenu est protégé contre les fluctuations du marché, les décisions impulsives… et les personnes mal intentionnées qui ciblent le capital des personnes vieillissantes.

Cependant, certains assureurs permettent aussi de racheter la rente à certaines conditions, notamment sur présentation de preuves de bonne santé. En effet, lorsqu’on veut toucher le capital d’un revenu basé sur une espérance de vie moyenne, on doit être en bonne santé…

En outre, si la personne inscrit la rente dans une stratégie de revenu plus large, elle pourra aussi faire appel à d’autres placements, plus liquides et plus souples.

Mythe 3 : le rendement est anémique

Ma préférée! Mauvaise compréhension du produit… Il est vrai que les bas taux d’intérêt à long terme font grimper le prix des rentes. Par contre, le rendement garanti par les autres placements sécuritaires, comme les placements à terme, est également faible.

En comparaison avec ces derniers, la rente offre un revenu optimal dès la première année puisque ce dernier est tiré à la fois du capital investi, des intérêts de la rente et de la mise en commun des montants reçus par l’assureur des autres rentiers.

Avec les années, cet avantage prend de l’importance : certains titulaires, en effet, n’atteindront pas l’espérance de vie « normale » et se trouveront ainsi à « subventionner » les rentes de ceux qui vivront plus longtemps. Par conséquent, plus un rentier vit longtemps, plus la somme des paiements de sa rente risque de dépasser le montant d’un investissement dans un placement à terme assorti des intérêts.

Ceci dit, on ne souscrit pas une rente viagère pour le rendement utilisé par les actuaires dans leurs calculs…

On souscrit une rente viagère pour se prémunir contre le risque de longévité!

Ce n’est ni plus ni moins qu’une « assurance longévité ». Ceux qui pensent que le rendement d’une rente viagère est faible ne comprennent tout simplement pas cet élément. Prenez l’exemple d’un âge de décès à 110 ans. Un FERR fera piètre figure aux côtés de la rente. Il sera épuisé depuis longtemps… même avec un taux de rendement « élevé ».

Ce qui m’amène au mythe suivant…  

Mythe 4 : en cas de décès prématuré, les héritiers ne reçoivent rien

Avec une rente, un dilemme peut se poser en cas de décès prématuré : les héritiers du défunt auraient-ils pu profiter des épargnes inutilisées ? Feront-ils brûler moins de lampions ?

Il y a trois façons simples de contourner ce dilemme :

  1. l’ajout d’une période garantie qui fera en sorte que la rente continuera d’être versée durant un certain nombre d’années au montant initialement prévu;
  2. l’achat d’une rente réversible qui permettra au conjoint de continuer de recevoir des versements jusqu’à son propre décès dans une certaine proportion – pouvant atteindre 100 % – de la rente initialement prévue;
  3. l’option de remboursement au comptant, au bénéficiaire désigné, de la différence entre les sommes que le défunt a versées pour l’achat de sa rente et les paiements de la rente qu’il aura reçus avant son décès.

On peut même faire une combinaison de ces éléments. De cette façon, on s’assure de ne pas payer indûment cher pour ce produit, même en cas de décès prématuré. Mais, comme rien ne se créé ni ne se perd, plus on se protège en cas de décès prématuré, plus le montant qu’on recevra de son vivant sera faible…

Alors voilà… j’espère maintenant que votre regard des rentes viagères n’est pas aussi négatif que certains conseillers voudraient vous le faire croire…

 

Comme c’est la période des vacances, je vais prendre congé moi aussi. Je serai de retour le 19 août…

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