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Le décaissement des sommes à la retraite est un sujet chaud depuis quelques années. Toutes sortes de stratégies sont exposées par les conseillers et les institutions financières. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Voici quelques pistes pour vous aider dans votre réflexion.

Avant de décaisser de l’argent, on doit l’accumuler

Si on ne se concentre que sur l’optimisation du décaissement, on essaie de tirer son épingle de « jeux qui sont déjà faits ». Le décaissement est important, mais le terrain doit avoir été préparé de façon optimale. Et ça, on n’en parle pas souvent. Si vous arrivez à la retraite avec 100 % de votre argent dans un régime de retraite ou un REER, vous êtes dans une situation très différente que si vous avez 50 % de vote argent dans un CELI et l’autre 50 % dans votre REER.

À l’aube de la retraite, tout le monde aimerait avoir 100 % de son argent dans un CELI pour ne jamais payer d’impôt (sauf pour le revenu étranger). Cependant, le coût d’accumulation dans un CELI, à cause des cotisations non déductibles, de même que son plafond fiscal, limite cette possibilité. À moins de bénéficier du Supplément de revenu garanti (SRG), on a généralement intérêt à détenir un REER en plus d’un CELI.

Dans quelles proportions?

Malheureusement, il n’y a pas de réponse universelle à cette question. Des simulations personnalisées sont nécessaires.

Quand les jeux sont faits: le décaissement

Ici, une fois les sommes accumulées, il reste, à mon avis, deux grandes décisions qui doivent être prises pour optimiser sa situation (ces deux mêmes questions pourraient également être posées en période d’accumulation) :

  1. Comment répartir les différentes catégories d’actifs (revenu fixe, actions canadiennes, actions étrangères…) entre les différents comptes?
  2. Combien retirer (ou déposer) de ces comptes chaque année?

Alors que pour certaines variables, la réponse est claire, il en va autrement pour d’autres.

Par exemple, contrairement au REER, le CELI n’est pas reconnu comme un « régime de retraite » aux fins de la convention fiscale entre le Canada et les États-Unis. Par conséquent, le fait de détenir des titres américains dans un CELI n’exempte pas le contribuable de l’imposition à la source sur les revenus de placement. Aussi, comme je l’ai indiqué dans une récente chronique, le taux maximal d’imposition sur le revenu de placement étranger dans une société par actions peut atteindre des niveaux très élevés.

Pour le CELI, on voudra ainsi éviter les titres étrangers, qui auront plutôt la faveur du REER ou de l’épargne non enregistrée personnelle.

Pour ce qui est de la répartition des actions canadiennes et des titres à revenu fixe, certaines théories s’opposent. Certains soutiennent qu’il est préférable de détenir les titres à revenu fixe dans le REER, alors que d’autres, moins nombreux à mon avis, pensent qu’il est préférable de les détenir dans un compte non enregistré (sous réserve que le REER et le CELI soient remplis). Il existe des arguments valables pour les deux. Cependant, je pense que rien ne vaut une simulation PERSONNALISÉE avec différentes options pour voir quelle est la meilleure. En effet, les diverses théories peuvent être déconnectées de votre situation propre.

Finalement, pour la question du montant des dépôts ou des retraits annuels, le défi est encore plus grand. Si vous êtes en couple, vous voudrez profiter du fractionnement des revenus de retraite jusqu’à un certain point en attribuant des sommes à votre conjoint. Aussi, il est primordial, à moins d’être prestataire du SRG, de ne pas avoir un revenu imposable nul, laissant ainsi des crédits d’impôt « sur la table ».

Vous aurez compris que l’optimisation n’est pas simple. Afin de décider judicieusement des gestes à poser, il faut faire des simulations personnalisées et choisir parmi un ensemble « fini » de solutions, à moins d’avoir accès à un outil qui fasse ce genre d’optimisation.

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