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À VOS AFFAIRES. Si vous lisez ces lignes, il est probable que vous soyez une personne à l’affût des multiples aspects entourant les finances personnelles. L’un de ces éléments est la projection de votre situation financière dans l’avenir. Or, les projections requièrent des hypothèses réalistes. Votre planification de retraite répond-elle à ce critère ?

J’ai déjà écrit sur la sensibilité des taux de rendement dans vos projections financières, à quel point ces dernières sont influencées par le moindre mouvement qu’on applique à la performance de votre portefeuille. L’Institut québécois de planification financière (IQPF) dicte les normes à utiliser à long terme en matière de rendement sur les diverses catégories d’actifs. Bien que ces normes ne soient pas «obligatoires», il est fortement recommandé de les suivre, tant pour la protection des clients que celle des conseillers.

Or, l’Institut ne dicte pas de balises sur chacun des éléments à illustrer. Par exemple, afin d’obtenir un rendement «net», on doit soustraire les frais de gestion du rendement brut. Ces frais sont propres au conseiller. Ils peuvent donc varier de façon importante et se situent souvent entre 0,1 % et 1,25 %, selon la taille du portefeuille. Par conséquent, si le rendement brut obtenu en pondérant les diverses catégories d’actifs donne 4,7 % et que les frais du conseiller sont de 0,8 %, le rendement net à utiliser pour les projections financières serait de 3,9 %. Beaucoup de personnes considèrent que ce rendement net est faible pour un profil modéré. Malgré les apparences, cela correspond à ce que les normes dictent.

Il y a cependant un défi dans plusieurs cas: la fiscalité.

En effet, alors qu’une saisie de 3,9 % dans un compte enregistré (REER, FERR, CELI…) ne cause aucun problème, il en est autrement avec les comptes non enregistrés et les comptes appartenant à des sociétés par actions.

En fait, le défi est double: il faut, d’une part, bien « ventiler » les revenus de placement – entre intérêts, dividendes, gains en capital réalisés et gains en capital reportés – et, d’autre part, déduire les frais.

Un bon logiciel de planification financière, de nos jours, permet de ventiler les revenus de placement. Toutefois, la déduction des frais est plus problématique. Les logiciels sont moins adaptés à cette réalité.

Dans notre exemple, l’individu qui paie 0,8 % de la valeur de son compte en honoraires annuels à son conseiller a l’heur de récupérer une partie de ces frais en réduction de sa facture fiscale. Si ce contribuable est dans le palier d’imposition supérieur, son taux d’impôt marginal étant de plus de 50 %, cela veut dire que ses frais lui génèrent un « retour d’impôt » supérieur à 0,4 %. Le rendement net de son portefeuille non enregistré est d’autant plus élevé.

Or, la différence entre l’évolution d’un compte à 3,9 % et à 4,3 % (0,4 % de plus) peut être énorme. Prenons l’exemple d’un portefeuille ayant la répartition suivante: 1,4% en intérêts, 0,8% en dividendes canadiens, 0,2 % en dividendes étrangers et 2,3 % en gains en capital dont 75 % seraient reportés chaque année. Le total de ces rendements est donc de 4,7 %.

En reprenant notre exemple et en faisant les choses selon les règles de l’art, la valeur accumulée d’un compte de 100 000 $ aujourd’hui est égale à 258 000$ après 40 ans. En négligeant simplement de déduire les frais de 0,8 %, la valeur accumulée est de 215 000 $, soit 43 000 $ de moins… mais surtout 17 % de moins. est associé dans les cabinets Planium et Avanco. Il est directeur, Planification financière et optimisation fiscale chez SFL Expertise.

Évidemment, il y a pire… mais maintenant que vous savez…

 

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