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EXPERT INVITÉ. Comme premier «vrai» texte pour mon retour à l’écriture régulière, j’ai pensé parler d’un sujet qui vous empêche certainement de dormir: la baisse anticipée des taux d’intérêt.

À moins que ce ne soit l’inverse et que vous dormez de mieux en mieux…

Quoi qu’il en soit, vous savez que les économies de partout dans le monde sont plongées dans des incertitudes géopolitiques, on se demande si on n’est pas au bord d’une troisième guerre mondiale, on fait encore face aux conséquences négatives de la pandémie, l’inflation persiste, l’économie est incertaine. C’est assez pour empêcher un cœur sensible de dormir. Je vous pardonne.

Ça, c’est le bout plate.

Mais tout n’est pas noir.

Les gouvernements songent à réduire les taux d’intérêt. Youppi! Party time! (pour certains).

Mais qu’est-ce que ça signifie pour vous, concrètement?

Voici quelques idées à propos de votre hypothèque, de vos dettes et de vos investissements qui peuvent améliorer votre situation financière si jamais les taux venaient à baisser en 2024.

Votre prêt hypothécaire

— Attends un ti-peu avant de parler de la baisse des taux, j’ai pas encore subi la hausse!

Ouin… c’est vrai que c’est un brin complexe.

Il y a effectivement un effet de décalage entre les variations de taux de la fameuse Banque du Canada et ce que vous payez comme remboursements de votre prêt hypothécaire. Vous n’avez pas encore de versements plus élevés à faire, mais le jour où les taux baisseront, vous n’aurez pas d’effet immédiat non plus: vous devrez attendre le renouvellement suivant avant d’en voir les effets positifs.

Ça peut être long.

Quand ça arrivera (la hausse de taux de votre prochain renouvellement), vous allez peut-être faire le saut si vous vous êtes mis la tête dans le sable. J’ai presque le goût de dire «tant mieux si vous voyez venir le mur».

Surtout pas de panique.

Demandez des simulations.

Il n’y a rien comme ces dernières pour apprécier les impacts réels d’une variation de taux, à la hausse comme à la baisse. N’oubliez pas de considérer les divers frais, le cas échéant.

C’est plaisant un prêt ouvert qu’on peut rembourser quand on veut sans pénalité (pour refinancer à un taux plus bas par exemple), mais peut-être que le taux est très élevé et qu’il serait préférable de payer une pénalité sur un prêt avec un taux plus faible.

Demandez des simulations.

Qu’est-ce qui arriverait si, et si, et encore si.

Et magasinez, de grâce, magasinez!

Trouvez-vous un bon courtier hypothécaire qui magasinera pour vous. Il devrait être en mesure de vous dénicher les meilleurs taux possibles.

Les institutions financières ont aussi souvent des «spéciaux», des taux plus bas pour certaines situations. Regardez ça ou faites-le regarder par votre courtier.

Et, s’il vous plaît, enfouissez vos émotions dans le bac de récupération lors de votre renouvellement. Ne vous sentez pas « attaché » à votre institution actuelle.

— Oui, mais, ils m’ont donné un break il y a cinq ans quand j’ai renouvelé. J’ai eu un super bon taux! Je leur en dois une… j’ai l’impression, en tout cas…

Quoi?

Vous pensez que vous avez profité de leur grande charité chrétienne?

Rassurez-vous, vous avez fait partie d’une série d’objectifs de vente et l’altruisme était complètement hors de l’équation.

Ah, mais vous venez de renouveler à un taux élevé pour les 10 prochaines années?

Pauvre vous.

J’espère qu’avant de signer, vous avez au moins magasiné et demandé des simulations…

 

Vos autres dettes

Ne faites aucune épargne tant que vous ne payez pas le solde complet de vos cartes de crédit. Je le dis souvent, et je le réitère, regardez l’équation suivante:

Intérêt + solde de carte de crédit = poison

Je pense que ça suffit.

Pour vos autres prêts, l’idée est, encore une fois, de ne rien «geler» pour trop longtemps si vous pensez que les taux vont baisser. Vous pourrez attendre que les taux soient redevenus à des niveaux plus bas, ce qu’on souhaite tous, mais on n’a aucune certitude.

Si vous avez accès à une marge de crédit hypothécaire, ce peut être une bonne solution en attendant. Même pour financer votre rutilante bagnole!

 

Vos investissements

«C’est beau les dettes, mais il y a pas juste ça dans vie» me direz-vous, et vous aurez raison.

La partie «revenu fixe» de votre portefeuille, dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés, fait meilleure figure, car les revenus générés, de base, sont plus élevés.

Si les taux diminuent, ce sera une année extraordinaire pour les revenus fixes. Pendant un certain temps, les titres rapportent plus (en revenus) et, par la suite, la baisse de taux fait que ces mêmes titres prennent de la valeur (sous forme de gain en capital). Vous pourriez en profiter pour légèrement surpondérer cette catégorie dans votre portefeuille, en respectant évidemment votre profil d’investisseur.

Si des gestionnaires professionnels s’occupent de votre portefeuille, ils sauront tirer profit de ce contexte favorable. Des fonds communs de placement en obligations, par exemple, sont évalués quotidiennement, ce qui vous permet d’apprécier l’impact de leurs transactions rapidement.

Vous gérez vous-même votre portefeuille de revenus fixes?

Bien que je pense que ce ne soit pas l’idée du siècle, à moins que vous ne soyez un expert, voici un détail à noter.

Soyez simplement conscients que des titres obligataires détenus jusqu’à leur échéance, sont « bétons » (dans la mesure où l’émetteur est solvable) et que les variations des taux dans le marché n’ont pas d’effet, car vos revenus sont « garantis » et la valeur à l’échéance aussi. Si votre intention est de détenir ces titres jusqu’à leur échéance, il est donc inutile de regarder l’évolution de leur valeur marchande. Stress inutile.

Par contre, si vous transigez des titres à revenus fixes sur les marchés secondaires, sachez que ce n’est cependant pas le cas.

Et voilà, c’est déjà beaucoup pour aujourd’hui. La semaine prochaine, je répéterai l’exercice, mais cette fois à propos des assurances et des « autres affaires ».

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